La construction d'un projet ambitieux: SPIRAL2 at GANIL

Depuis le 1er juillet, le Grand accélérateur national d'ions lourds (GANIL), situé à Caen en France, est doté d'une nouvelle équipe de direction mandatée pour cinq ans. Cette équipe a été fortement renforcée pour faire face à deux défis: construire dans un cadre européen, dans le temps et l'enveloppe budgétaire prévue, SPIRAL2, la nouvelle machine à faisceau de noyaux exotiques récemment décid&eacutee; tirer le meilleur profit scientifique du GANIL actuel avec les faisceaux exotiques de première génération, le Système de production d'ions radioactifs accélérés en ligne (SPIRAL).

Sydney Gales, scientifique de haut niveau, occupe le poste de directeur; Marcel Jacquemet, ingénieur du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) aux larges compétences, assure à la fois les fonctions de directeur adjoint et chef du projet SPIRAL2; Philippe Chomaz, chercheur internationalement reconnu, est l'adjoint du directeur en charge de la physique; enfin Marek Lewitowicz, ancien directeur adjoint ayant activement milité pour l'acceptation du projet SPIRAL2, assure la direction scientifique.

Sydney Gales, physicien au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), débute sa carrière d'expérimentateur à l'Institut de physique nucléaire d'Orsay. Il y soutient sa thèse en 1976 et initie des collaborations internationales sur la physique des "états géants" du noyau avec les grands laboratoires: l'université de l'Etat du Michigan, l'Installation du cyclotron de l'université d'Indiana, le JINR de Doubna, Le Centre de recherches pour la physique nucléaire d'Osaka. De 1986 à 1994, il est le chef de projet de la collaboration européenne qui conçoit et construit le premier cyclotron européen supraconducteur, l'Accelerateur Groningen-Orsay (AGOR), à Groningen. Sydney Gales participe à l'élaboration de la politique scientifique au sein d'instances scientifiques telles que le Comité de coordination de physique nucléaire expérimentale, dont il devient le président de 1996 à 1999, la Fondation pour la science européenne ou l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il est, en outre, membre des comités de revue de grands laboratoires comme GSI en Allemagne, ou RIKEN au Japon. A ces activités s'ajoute l'expérience approfondie de la gestion de la recherche: en tant que directeur de l'Institut de physique nucléaire d'Orsay (1994-2002) et au titre de directeur scientifique adjoint de l'Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3) du CNRS (depuis novembre 2004).

Sydney Gales réunit ainsi l'expérience nécessaire à la direction d'un laboratoire tel que le GANIL - laboratoire commun au CEA/Direction des sciences de la matière et au CNRS/IN2P3 - qui fédère les communautés scientifiques utilisant les faisceaux qu'il délivre actuellement et ceux, uniques, que produira SPIRAL2, nouvelle machine européenne dans un avenir proche. Au coeur de cette prochaine installation, un accélérateur linéaire supraconducteur générant des faisceaux d'ions les plus intenses au monde, produira en abondance neutrons et noyaux exotiques. SPIRAL2 ouvrira ainsi de nouveaux horizons à la physique et à l'astrophysique nucléaire, mais aussi à l'étude des matériaux sous irradiation dans les domaines de l'énergie et des applications médicales.

Marcel Jacquemet est le chef du projet SPIRAL2. Son expérience dans la construction de grands instruments, tel le grand interféromètre VIRGO dont il a été le directeur technique de 1992 à 1996, et ses qualités de management éprouvées à plusieurs reprises, encore tout dernièrement comme directeur adjoint du département d'Astrophysique, de physique des particules, de physique nucléaire et de l'instrumentation associée au CEA Saclay, lui donnent des atouts pour mener à bien cette entreprise ambitieuse comportant des défis technologiques. La réussite du projet SPIRAL2 repose sur la nécessaire coordination de la participation de laboratoires français et européens &aggrave; sa construction. Nécessitant un investissement total est de 130 millions d'euros, ce projet témoigne de la volonté conjointe de la région de Basse-Normandie, des organismes - CEA, CNRS - du gouvernement français, et de l'Europe de voir aboutir cette réalisation en 2010.